Place au Vin Le guide de l'œnotourisme · depuis 2014

Mobilité douce

L’œnotourisme, le billet en poche.

Le verre ou le volant : c’est le dilemme qui gâche la moitié des week-ends dans les vignes. Le TGV le règle en silence. Depuis Paris, quatre régions viticoles majeures tombent sous la barre des deux heures de trajet, et les gares sont plantées au cœur du vignoble.

Manifeste

Un verre n’est pas un volant

La SNCF publie chaque année ses chiffres de fréquentation sur les lignes touristiques, et ceux des axes viticoles ne cessent de monter. Paris-Reims tombe à trente-sept minutes depuis le TGV Est, Paris-Strasbourg s’arrête à une heure et quarante-six minutes, Paris-Bordeaux à deux heures et cinq minutes depuis l’ouverture de la LGV Sud-Europe-Atlantique. Trois trajets, trois vignobles, un seul aller-retour payé cash sans louer de voiture, sans calculer son taux d’alcoolémie au retour.

Le train change le rythme de la visite. On boit sans contrainte, on dort sur place, on repart avec deux cartons sous le bras et la certitude d’arriver entier. Nous recommandons de croiser ce guide avec notre dossier Champagne, puis notre dossier Alsace pour l’est. Le critère accessibilité ferroviaire pèse dans le critère accessibilité de notre grille : un domaine joignable sans voiture gagne un point sur vingt.

Champagne

Reims, Épernay, Aÿ

TGV 37 min depuis Paris Est

Le TGV Est dépose à Reims en trente-sept minutes, puis un TER rallie Épernay en vingt minutes encore. De la gare d’Épernay, l’avenue de Champagne se rejoint en quinze minutes à pied, droit devant. Aÿ n’est qu’à huit minutes par le TER local. Trois villages, trois quais, aucun kilomètre au volant.

Reims

Maison Fourcault & Fils

8 min à pied depuis la gare centrale, descente en crayère incluse.

16,5 / 20 visite 1h FR · EN

Épernay

Champagne Bessac-Reyn

12 min à pied depuis la gare, sur la partie nord de l’avenue de Champagne.

17 / 20 visite 1h30 FR · EN

Aÿ

Champagne Lebard-Couvrelle

TER 8 min depuis Épernay puis 5 min à pied, table d’hôtes au chai.

18 / 20 visite 3h FR · EN
Alsace

Colmar, Riquewihr, Turckheim

TGV 2h18 Paris-Colmar via Strasbourg

Strasbourg reste la porte d’entrée naturelle, puis le TER descend vers Colmar en trente minutes. Turckheim se prend en six minutes depuis Colmar, et le bus 208 du réseau Fluo dessert Riquewihr plusieurs fois par jour. Dambach-la-Ville se rejoint directement depuis Strasbourg en trente-cinq minutes de TER.

Turckheim

Domaine Flax-Riehm

TER 6 min depuis Colmar puis 10 min à pied, biodynamie sur grand cru Brand.

17,5 / 20 visite 2h30 FR · EN

Colmar

Clos de la Cité Taverne

15 min à pied depuis la gare, caveau dans la vieille ville.

16,5 / 20 visite 1h FR · EN · DE

Dambach-la-Ville

Domaine Ritter-Senn

TER 35 min depuis Strasbourg puis 12 min à pied, cave voûtée sous le bourg.

18 / 20 visite 3h FR · EN
Loire

Saumur, Vouvray, Sancerre

TGV 1h30 Paris-Angers / TER 2h50 Paris-Cosne

Aucun autre vignoble français n’est aussi bien couvert par le rail. Saumur, Tours, Blois, Cosne-sur-Loire, Angers, Nantes : les villes viticoles s’enchaînent sur la ligne du fleuve, et la plupart des domaines restent à moins de dix kilomètres de la gare la plus proche. Le vélo de location prend le relais là où la marche renonce.

Saumur

Clos du Pont-Mazard

25 min à pied depuis la gare, ou 8 min en vélo loué à la sortie.

17 / 20 visite 2h FR · EN

Vouvray

Domaine Moulin-Terrier

TER jusqu’à Tours, puis bus de ligne ou Loire à Vélo sur 8 km.

17,5 / 20 visite 1h45 FR · EN

Sancerre

Domaine des Terrains Blancs

TER jusqu’à Cosne-sur-Loire, navette œnotouristique les mardis et samedis.

17,5 / 20 visite 2h FR · EN
Bordeaux

Libourne, Saint-Émilion, Pauillac

TGV 2h05 Paris-Bordeaux

Bordeaux Saint-Jean capte les voyageurs en deux heures et cinq minutes depuis Paris Montparnasse. De là, le TER dessert Libourne en vingt-cinq minutes pour la rive droite, et la ligne du Médoc remonte jusqu’au Verdon en desservant Margaux, Pauillac et Saint-Estèphe. Le Médoc en train reste l’un des secrets mieux gardés du vignoble bordelais.

Saint-Émilion

Château Franc-Lartigue

TER jusqu’à Libourne, navette gratuite du village le vendredi.

17,5 / 20 visite 1h45 FR · EN

Pauillac

Château Pibran-Valette

TER Médoc 1h10 depuis Bordeaux, puis 10 min à pied.

17 / 20 visite 2h FR · EN

Fronsac

Domaine de la Rive Brune

TER jusqu’à Libourne, taxi 10 min vers le coteau.

16,5 / 20 visite 3h FR · EN · NL

Pragmatique

Trois astuces pour un week-end sans voiture

Prologue

Partir le vendredi soir

Le TGV de dix-neuf heures au départ de Paris arrive à Reims, Strasbourg ou Bordeaux avant la fermeture des restaurants. On dîne, on dort, on commence les visites dès le samedi matin, verre en main. C’est une demi-journée gagnée sur un billet à peine plus cher que le départ du samedi.

Chapitre I

Réserver ses navettes

Les offices de tourisme de Champagne, d’Alsace et du Sancerrois opèrent des navettes œnotouristiques le samedi et parfois le dimanche. Les places sont limitées à huit ou douze personnes. La règle commune : réservation quarante-huit heures à l’avance, paiement en ligne, point de rendez-vous à la gare ou devant l’office.

Chapitre II

Dormir chez le vigneron

La chambre d’hôtes au domaine résout la question du retour. On déguste librement, on passe à table avec le vigneron, on monte à l’étage. C’est la formule la plus simple pour dormir sans avoir à reprendre le train après la dernière cuvée, et repartir reposé le lendemain matin.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions qu'on nous pose

Quelles régions sont vraiment accessibles sans voiture ?
Quatre vignobles français se visitent confortablement sans louer de voiture : la Champagne depuis Reims et Épernay, l’Alsace depuis Strasbourg et Colmar, la Loire depuis Saumur, Tours et Cosne-sur-Loire, et Bordeaux par la rive droite via Libourne et par le Médoc via la ligne Bordeaux-Le Verdon. Les autres régions demandent au moins un taxi ou une voiture de location à la journée.
Comment rejoindre un domaine depuis la gare ?
Quatre relais existent selon la distance. À moins de deux kilomètres, la marche suffit. Entre deux et dix kilomètres, les vélos en libre-service ou en location à la journée sont souvent disponibles à la sortie de la gare. Au-delà, les navettes œnotouristiques des offices de tourisme couvrent le week-end en haute saison. Le taxi reste l’option de secours, avec une course type à quinze ou vingt euros.
Les dégustations sont-elles plus chères ?
Non, le tarif de la visite au domaine reste identique. Ce qui s’ajoute, c’est la navette locale : comptez quinze à trente-cinq euros aller-retour selon la formule et la région. L’économie sur la location de voiture et le carburant compense largement ce surcoût dès le deuxième jour.
Peut-on transporter les cartons au retour ?
Plusieurs solutions coexistent. La première : la livraison directe vigneron-domicile, proposée par environ 80 % des domaines du guide, à partir de quinze euros pour six bouteilles. La seconde : les services de cavistes partenaires de la SNCF qui récupèrent les cartons en gare de départ et les expédient chez vous sous cinq jours. La troisième : le bagage à main, limité à deux cartons de six bouteilles par personne en TGV.
Quel budget pour un week-end sans voiture ?
Un aller-retour TGV depuis Paris vers Reims, Strasbourg, Angers ou Bordeaux oscille entre cent dix et cent quatre-vingts euros si la réservation est faite trois semaines à l’avance. En ajoutant les navettes locales, les TER régionaux et deux ou trois dégustations, le budget transport et visites atteint deux cent cinquante à trois cent vingt euros par personne. L’hébergement se calcule à part, de soixante-dix à cent soixante euros la nuit en chambre d’hôtes au domaine.

Continuer

Passer au vélo, ou dormir sur place

Le train ouvre la porte, le vélo prolonge la balade entre les parcelles, et la chambre au domaine règle la question du retour. Les trois guides se lisent ensemble : même barème, mêmes vignerons, mêmes week-ends testés à deux reprises.